ÇA TOURNE !

Agnès Pelletier souhaite à travers ce nouveau projet chorégraphique créer le lien entre le dedans et le dehors en utilisant comme procédé le cinéma et le spectacle vivant en les réunissant tous les deux au plateau.

Origine du projet « Ça tourne! »

Le principe de ce nouveau projet va largement s!appuyer sur les expériences de diffé-rents tournages nommés « Les Extraordinaires » que nous avions imaginé en 2020 et en 2021 (années covid) et qui consistaient à filmer le quotidien des espaces publics inté-rieurs et extérieurs d!une ville et de ceux et celles qui y habitaient. Les scènes tournées étaient préalablement écrites par Agnès Pelletier puis filmées et montées par le vidéaste Victor Thiré.

La danse et les danseurs se positionnaient comme le média d’exploration de la ville. Nous avions opté pour un format du genre « mini-série » de 5 épisodes (10 min environ chacun) qui étaient tournés et montés chaque jour du lundi au vendredi avec une restitu-tion quotidienne sur la chaine You tube du théâtre.

Nous avons ainsi réalisé 3 tournages d’une semaine dans 3 villes différentes à St Médard et à Blanquefort (Scène Nationale Carré-Colonnes) puis à Cognac (Festival Planète Danse/ Théâtre de l!AvantScène) Télérama avait eu le temps d’écrire un article: « Des moutons attendent un train qui n’arrivera jamais. Des anges sortent des poubelles. La ville marche à l’envers. Entre l’univers de Jacques Tati et celui de Win Wenders, ces partitions chorégraphiques loufoques et poétiques sont écrites pour et avec les espaces ur bains dans lesquels elles se jouent. S’insérant dans le flux de la ville, amenant la danse là où elle n’est pas, elles nous invitent à regarder autrement nos quotidiennes habitudes… »

Le choix d’une diffusion des épisodes sur les réseaux était lié à la conjoncture sanitaire ne permettant pas de réunir les spectateurs autour de la projection des 5 épisodes. La frus-tration de ne jamais avoir rencontré véritablement le public était bel et bien présente, ainsi, Agnès Pelletier a décidé de laisser ce projet en jachères pour le ré-exploiter quelques années plus tard en repensant le format dans son entièreté en associant le spectacle vivant à notre expérimentation cinématographique.

Format du spectacle

Le rendez du public se fera au théâtre, la soirée aura une durée d’environ 1H15 et elle comprendra deux parties : la projection du film (réalisé quelques jours en amont) qui, in-terrompue au bout de 35/40 minutes, nous fera basculer sur une écriture au plateau (35/40 minutes).

Réalisation du film (moyen métrage de 35 à 40 min)

  • Durée du tournage : 4 jours et demi (exemple: du lundi au vendredi matin)
  • Équipe de tournage 11 personnes : 7 danseurs, 2 régisseurs/accessoiristes, 1 monteur, 1 cadreur
  • Cette étape fondatrice du projet consistera à filmer le quotidien de la ville en y glissant des situations surréalistes, Il s!agira de « chorégraphier » des espaces publics en y glis-sant la présence des danseurs, en ré-interprétant le quotidien de celles et ceux qui y ha-bitent ou bien en jouant des personnages de fiction.
  • Il n’y aura pas de parole, ni de dialogue dans ce film, seuls les corps immobiles ou bien en mouvement feront exister les situations.
  • Nous filmerons les mouvements et les espaces emblématiques, les lieux d!usage et de passage de la ville en s!appuyant sur les paysages urbains et l!architecture de celle-ci. Nous nous inspirerons de l’histoire de la ville pour en écrire une toute autre et filmerons avec un regard oblique le quotidien de celles et ceux qui y habitent…
  • Cette partie du projet mettra en avant via l!objet filmique différents points de vue de la ville que les habitants connaissent ou méconnaissent. Des points de vue tellement inté-grés au paysage quotidien qu!ils n!existent plus aux yeux des passants et d!autres que nous allons fabriquer, inventer déformant ainsi le réel.
  • Pendant une semaine, la ville marchera à l!envers…La neige sera tombée à un seul en-droit de la ville, un groupe de personne attendra sous un abribus transformé en cabine de téléski, le rondpoint deviendra lieu d!habitation…
  • Des files d!attente à n!en plus finir traverseront la ville, des anges chercheront les plus hauts points de vue de la ville, une horde de femmes et hommes aux cheveux longs ar-penteront les rues. Des hommes et femmes à tête de mouton braveront les interdits en l’absence des habitants, un piano télécommandé voyagera dans la ville.
  • Bref, des partitions chorégraphiques loufoques et poétiques dérégleront les espaces pu-blics dedans comme dehors s!insérant dans les mouvements de la ville, amenant la danse là où elle n!est pas, tout en invitant à regarder autrement nos quotidiennes habitudes.

De façon informelle :

  • Les habitants de la ville pourront assister selon le hasard de leur déplacement à diffé-rentes scènes de tournages, le média « caméra » excite toujours la curiosité des passants et déclenche donc beaucoup questions de leur part ce qui permet de communiquer sur le rendez-vous au théâtre.
    De façon formelle:
  • Des publics privilégiés (classe, groupe identifié) pourront être invités sur une ou plu-sieurs scènes de tournage, sans effets particuliers ils découvriront « les coulisses » du tournage, ils seront en quelque sorte complice de ce qu’ils découvriront dans la projec-tion du film. Cette invitation nécessite la présence d’une personne du théâtre afin d’ac-cueillir et d’accompagner le groupe car l’équipe de tournage ne pourra pas toujours ré-pondre aux questions ou tout simplement expliquer la scène.

Autre invitation (encore en réflexion):

Il est aussi question que nous invitions le public pendant la semaine de tournage. Les personnes qui auraient réservé leur place seraient donc invitées sur une des scènes de tournage dans l’espace public. Cette scène correspondrait à un vrai temps de tour-nage mais nous y glisserions une « vraie-fausse » situation tel « un incident » provenant du quotidien de la ville. La véracité de cet «  incident  » devrait être remise sérieuse-ment en question au moment du visionnage du film!

• Besoins de figurants
Ce tournage nécessitera la présence d’un cinquantaine de figurants habitant la ville. Nous aurons besoin d’un groupe inter générationnel (12/ 80 ans) qui participera à une scène (tournage en fin de journée) où nous aurons besoin de créer devant l’entrée d’un magasin, une file d’attente « géante » donnant l’impression qu’elle traverse la ville. Une petite dizaine de ce groupe participeront à une deuxième scène sortant d’un mini-bus en combinaison de ski .
• Repérage Préalable à la semaine de tournage
Cette semaine de tournage nécessitera une semaine de repérage (entre 3 et 4 mois en amont) permettant de choisir les espaces sur lesquels les scènes seront tournées afin de définir un plan de tournage et faire les demandes nécessaires d’autorisation auprès de la ville.  Cette semaine nous permettra aussi de rencontrer des acteurs.actrices du territoire (entreprise, club de sport, association, commerces, association d’habitant qui raconte sa ville, responsable du patrimoine, élus…etc…) qui contribueront de près ou de loin à la réalisation du film.

 Quelques Références cinématographiques :
Toute la filmographie de Abel et Gordon, «  Les ailes du désir  » Wim Wenders « Playtime » Jacques Tati.

Écriture plateau (environ 40 minutes)

  • Le film sera donc « faussement » interrompu et « propulsera » sur le plateau et en dehors de toute attente, les 7 protagonistes hors de l’écran.
  • Il était important pour moi que le rendez vous public se fasse dans une salle de spectacle car il me paraissait nécéssaire de provoquer la rencontre entre le cinéma et le spectacle vivant.
    Les corps dans l!espace public sont révélateurs ou bien miroirs déformants des paysages quotidiens, ils sont largement influencés par l’architecture et les mouvements quotidiens de la ville.
  • Le processus de l’écriture de la danse au plateau va s’inscrire différemment et laissera place à une danse liée à l’intimité des différents personnages rencontrés pendant le film.
  • Ces rencontres surréalistes produiront des matières chorégraphiques révélant une danse du déséquilibre à la fois maladroite, organique et drôle . Les interprètes joueront des codes du théâtre et donc du dedans et du dehors.
  • Cette 2 eme partie devrait aussi s’amuser du vrai et du faux, et le pouvoir du cinéma pourrait aspirer les personnages vers un retour pour le 7 eme art afin de conclure cette singulière soirée.
    Scénographie: Plateau nu, machinerie et accessoires à vue, procédés du cinema rejoués au plateau.

Vidéo du spectacle

Équipe artistique et technique

Conception et écriture dramaturgique et chorégraphique : Agnès Pelletier
Aide à l’écriture du Scénario du film : Fred Proust
Danseurs interprètes : Vincent Curdy, Raphaël Dupin, Christian Lanes, Matthieu Sinault, Laurent Falguiéras, Yendi Nammour, Lisa Guerrero, Raphaël Dupin
Réalisation et montage film : Victor Thiré et Jonathan Mas
Scénographie, Accessoires :Julien Lett
Régisseur : Paul Courilleau
Création Lumière : Guénael Grignon
Costumes : Cathy Sardi
Création de la bande son : Yann Servoz
Production : Karine Lesueur

Partenaires

Co-production : O.A.R.A, Carré-Colonnes Scène Nationale/Blanquefort-St Médard, CNA-REP Pronomade(s)/Encausse Les Thermes, Théâtre Les Passerelles/Pontault-Combault, Scène Nationale Le moulin du Roc/Niort, Théâtre le Liburnia/Libourne, Festival Les Tom-bées de la Nuit/Rennes, Théâtre du Bocage Bressuirais/Bressuire.
Partenaires Institutionnels : La Cie Volubilis est conventionnée par la Drac Nouvelle Aquitaine, la Région Nouvelle Aquitaine, le département des Deux-Sèvres et est soutenue par la ville de Niort.