La Gràànde Finàle

Synopsis Court

Il s’agit d’une sorte de concours de danse en public, une épreuve où la règle du jeu est
rythmée par la répétition systématique d’une figure imposée.

L’arrivée de musiciens en live et la montée du tempo, la folie du bookmaker, les paris et les
encouragements du public sont autant d’ingrédients d’une guerre d’usure qui pousse les
concurrents vers l’épuisement et conduit à leur élimination progressive, jusqu’à ce qu’il n’en
reste qu’un…

Les prochaines dates

  • 2 Nov
    Scène Nationale 61 | Flers (61)
  • 7 Déc
    Au THV | St Barthélémy d’Anjou (49)
  • 9 Déc
    Théâtre de l’Avant Scène | Cognac (16)
  • 11 Déc
    Théâtre le Gallia | Saintes (17)

Vidéo du spectacle

DÉROULEMENT

L’entrée du public a lieu alors que l’épreuve de sélection est en cours : il ne reste sur la piste qu’une dizaine de concurrents en dossards numérotés qui semblent soumis à la contrainte d’un exercice imposé. Le compteur nous indique que plusieurs concurrents ont déjà été éliminés. Il s’agit d’une phase qualificative pour la Gràànde Finàle, sorte de sélection de second plan…

Au vu de la fatigue apparente inscrite sur leurs corps et leurs visages, le processus éliminatoire semble avoir commencé depuis quelques heures. Combien de temps encore tiendront-ils ?

La première partie montre des corps mécaniques et résignés, transis par l’enjeu du challenge et marqués par l’ennui d’une phrase répétitive.

Cette demi-heure est quasi silencieuse, ponctuée par les stigmates sonores de l’effort des danseurs et par quelques commentaires subjectifs et invisibles d’un « micro ouvert ».

Ce « micro ouvert » est une sorte de VOIX-OFF à 2 niveaux : les ordres d’un « exécuteur », chargé d’annoncer à voix haute les numéros des candidats éliminés, et à voix basse ses commentaires inopinés, apportant un contrepoint cynique et burlesque sur le spectacle de ces corps en distorsion.

La seconde partie est résolument dynamique et « spectaculaire », la bascule dramaturgique coïncidant avec l’arrivée du bookmaker et de l’orchestre.

Les spectateurs sont alors invités à parier sur les plus « endurants » : concurrents finalistes déterminés à aller jusqu’au bout d’eux mêmes pour remporter cette épreuve qualificative, malgré les rivalités et la fatigue.

Le bookmaker et l’orchestre, en accélérant le tempo et en imposant des défis absurdes, les conduiront vers une sorte de vertige où ils découvriront progressivement les ressources insoupçonnées de leur propre épuisement.

Note d’intention

Au départ il s’agissait d’une interrogation : comment, au delà de l’épuisement et de la lassitude, la répétition d’un mouvement pouvait-il nourrir la danse et les danseurs ?

Cette interrogation est devenue peu à peu un parti-pris chorégraphique : avec les danseurs de Volubilis, nous avons eu envie d’aller voir au-delà de nos propres limites physiques, pour chercher à savoir comment se comportaient les corps et les esprits usés et quelles en étaient les ressources.

Nous avons retrouvé des traces de ce dépassement des limites du corps, volontaire ou forcé, dans certaines mascarades contemporaines, comme certaines émissions de télé, nouveaux jeux du cirque où l’usure extrême fait du survivant un héros.

Comment transformer tout cela en un spectacle, comment aborder la gravité tout en conservant l’acuité du regard critique et décalé qui caractérise l’expression artistique de la compagnie ?

Comment questionner tout en conservant la part du rire, récurrent de nos spectacles ? Quelle place proposer au public, témoin d’un acharnement, et comment convaincre au-delà du cercle des initiés de la danse ?

Alors, pour être plus forts face à l’enjeu, nous nous sommes regroupés entre « acteurs » du spectacle vivant, danseurs, comédiens et musiciens, afin que la danse devienne, comme une évidence, le porte parole de l’insupportable.